16 août

« Ecouter les jeunes des quartiers », entretien de Catherine Parisot avec Joëlle Bordet, Philippe Gutton

Publié le 28 avril 2015

C’est à l’adolescence que se construit l’idéal démocratique, l’espérance « à vivre ensemble ». Mais les jeunes – et particulièrement ceux des quartiers populaires – se heurtent à une rude réalité : on ne les entend pas, on ne les écoute pas. Dans leur ouvrage Adolescence et idéal démocratique (In Press, 2014), Joëlle Bordet et Philippe Gutton ont non seulement écouté ceux qu’on appelle « les jeunes » mais ils leur ont également donné la parole. Pour en savoir plus sur leurs travaux, leurs rencontres, leurs expériences, je vous invite à écouter l’entretien de Catherine Parisot pour la Fréquence protestante.

Extrait de l’entretien :

Catherine Parisot : Philippe Gutton, je vais peut-être me tourner vers vous pour vous demander ce qui a présidé à l’écriture de ce livre ?

Philippe Gutton : Alors, ce qui a présidé, il y a beaucoup de choses qui ont présidé l’écriture du livre, bien entendu. Je voudrais souligner une toute petite chose, une sorte de préalable : nous travaillons l’idéal démocratique. Nous ne disons pas que les adolescents sont spontanément plus démocratiques que les adultes. Nous le savons bien, toute l’histoire le montre. Ce que nous voulons définir dans la relation intergénérationnelle qui existe entre adolescents et adultes, c’est que l’adolescent aurait (nous pensons « a ») un idéal de démocratie. Autrement dit, chaque adolescent avec cet idéal va rencontrer toute une série d’institutions, d’idéologies etc. devant lui et évidemment à l’intérieur de lui. C’est ce face-à-face qui nous intéresse. Il va le rencontrer avec, évidemment, de la révolte, de la dépression mais avec un idéal de participation intergénérationnelle. […]

CP : Il y a un très fort socle théorique […]. Il y a aussi des exemples concrets. Alors justement, Joëlle Bordet ?

Joëlle Bordet : […] On est vraiment sur un travail d’écoute partagé, depuis longtemps. Ce livre est né d’une histoire commune de rencontres et d’écoutes. […] Avec Philippe, ce qui m’a beaucoup intéressé, c’est deux choses. C’est d’une part, qu’il faut un pas de côté aujourd’hui face à la prégnance des événements, face à la façon dont les jeunes sont convoqués à l’action permanente et professionnelle aussi… Et la façon de faire ce pas de côté, c’est justement l’écoute. Mais pour écouter il faut des bases théoriques car on n’écoute pas avec rien.

[…]

Pour savoir ce que Philippe Gutton et et Joëlle Bordet ont raconté à Catherine Parisot : écouter l’entretien

 

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