3 questions à Ariel Toledano, auteur de Médecine et Kabbale, par la revue YomTov

Publié le 18 octobre 2015

ariel-toledanoÀ l’occasion de la parution de son nouveau livre Médecine et Kabbale, le pouvoir des lettres aux éditions In Press, la revue YomTov a posé 3 questions à Ariel Toledano, phlébologue, médecin vasculaire, chargé d’enseignement d’Histoire de la Médecine à l’université René Descartes.

 Quelles sont les origines de ce livre ?

Dr Ariel Toledano : Ce nouveau livre est le prolongement de la réflexion initiée dans mon précédent ouvrage « La médecine du Talmud » qui avait pour ambition de dévoiler que les conceptions médicales des Rabbins du Talmud étaient non seulement originales pour l’époque mais qu’elles avaient été au commencement des sources des sciences modernes. Confronter la médecine aux textes sacrés de la Tradition juive est une source de renouvellement de l’interprétation. Etudier, c’est rester en éveil,  résister à l’emprise de la lassitude par un renouvellement de soi-même. Je dirais que c’est également une source de sérénité, indispensable au soignant qui est confronté à la maladie dans sa pratique quotidienne. J’ai voulu à travers ce livre aborder le pouvoir des lettres, des mots, le rôle primordial de l’interrogatoire, de l’échange entre le médecin et son patient, dans une société qui tend à limiter les échanges verbaux au profit d’une médecine de plus en plus technique.

Quels liens faites-vous entre Médecine et Kabbale ?

Dr Ariel Toledano : Il existe de nombreuses affinités entre médecine et Kabbale. La médecine tente de dévoiler les maux du corps, à l’image de la Kabbale qui dévoile ce qui est caché dans le Texte. La découverte de l’ADN et la biologie moderne ont permis d’évoquer l’idée d’un langage du vivant. Cette idée était déjà au centre de la Kabbale, qui rattache la vie aux lettres en leurs attribuant un pouvoir créatif. Les kabbalistes comparent le texte de la Torah et ses interprétations successives à différentes couches de vêtements sous lesquelles se situe l’âme. Le corps n’est ainsi que  le vêtement de l’âme, essence divine à l’origine du pouvoir des lettres. Le Zohar raconte que les 22 lettres de l’alphabet hébraïque ont préexisté au monde, et qu’elles sont à l’origine de la Création. Rappelons que l’hébreu est une langue consonantique, les voyelles ne sont pas des lettres, elles sont d’ailleurs invisibles dans le rouleau de la Torah. La Kabbale considère que les voyelles sont l’âme des lettres, car même si elles sont invisibles, elles s’unissent aux lettres pour donner du sens aux mots.

Pouvez-vous nous parler du lien entre physiologie et appellation hébraïque des organes que vous abordez dans votre livre ?

Dr Ariel Toledano : Tout au long du livre, j’aborde cette notion si importante dans la Kabbale du pouvoir des lettres, à travers leurs combinaisons, leurs associations. Toute la deuxième partie de l’ouvrage est consacrée à la Guématria ou correspondance numérique, qui vise à attribuer un chiffre à une lettre, révélant encore une fois un sens caché aux mots. Concernant les organes, j’ai été surpris de constater que leurs fonctionnements étaient révélés par leurs dénominations hébraïques. Prenons l’exemple de l’œil qui se dit Hayine en hébreu et qui signifie « source d’eau ». L’analyse de l’anatomie de l’œil permet de comprendre que la vision est dépendante d’un bon équilibre hémodynamique entre l’eau contenue dans l’humeur aqueuse et le réseau veineux. On peut également évoquer l’oreille, ozen en hébreu qui a la même racine que le mot izoun qui signifie « équilibre ». Or, nous savons aujourd’hui que l’oreille interne est l’organe de l’équilibre du corps. Je propose de nombreux autres exemples dans mon livre qui montrent l’exceptionnelle particularité de l’hébreu (lashon hakodesh) qui est la seule langue qui établi un lien entre signifiant et signifié. Les lettres révèlent ce sens caché, source de renouvellement et d’espérance.

La médecine du Talmud, au commencement des sciences modernes, Editions In Press, 2014, 19 euros.

 

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