« La douleur, c’est psychologique ? » >> réponse du Pr Serge Perrot

Publié le 12 octobre 2017

La douleur est une expérience désagréable, et a donc forcément un impact psychologique. L’intrication des conséquences psychologiques et de la douleur est à l’origine de préjugés importants, on entend souvent dire : « C’est psy. ». Or, il faut indiquer que la douleur passe forcément par le cerveau : c’est dans la tête mais pas forcément « psy ».
On rencontre ainsi trois grandes situations où les aspects psychologiques sont importants :

  • Lorsque nous avons une douleur aiguë, nous sommes surpris, souvent irritables, anxieux, avec des réactions parfois dures pour l’entourage. La douleur peut nous faire sortir de nous-mêmes. Ici, nos réactions face à la douleur aiguë sont souvent fugaces, parfois explosives et acceptées par les proches, si la douleur est expliquée, comprise.
  • Lorsque nous avons une douleur chronique, celle-ci va être envahissante, peut remplir notre vie, obscurcir tout l’horizon. Dans ce cas, des éléments dépressifs peuvent survenir, et être même au premier plan, pouvant faire croire qu’il s’agit d’une dépression plus que d’une douleur. La situation est ici plus difficile que dans la douleur aiguë, pour faire comprendre que c’est la douleur qui induit ces conséquences psychologiques et non l’inverse.
  • Enfin, il existe des vraies dépressions qui donnent des douleurs. Dans ce cas, la douleur existe mais elle est avant tout liée à un problème psychologique. Il faudra donc traiter le problème psychologique pour améliorer la douleur. Dans ce dernier cas, il nous arrive d’indiquer au patient que ses douleurs sont l’expression d’une souffrance d’abord psychologique, et que la prise en charge psychologique est ici indispensable, car elle permettra de réduire les douleurs.

Conclusion : la douleur, c’est toujours dans la tête, mais pas forcément psychologique !