Où en est la psychomotricité ? État des lieux et perspectives – introduction

Par Jérôme Boutinaud Extrait de l’ouvrage Où en est la psychomotricité ? de Jérôme Boutinaud, Fabien Joly, Olivier Moyano et Marc Rodriguez. Avant d’évoquer les buts poursuivis par la création de cet ouvrage, nous souhaitions dire un mot de sa genèse qui est avant tout le fruit d’une rencontre, celle de ses quatre auteurs. Guidés par des parcours assez semblables où se jouxtent plaisir de la pratique clinique, intérêt pour la recherche, l’enseignement et le goût pour l’écriture, nos trajectoires se croisent autour des enjeux complexes que constitue le carrefour psychomoteur. Possédant tous les quatre cette formation initiale et bien qu’exerçant désormais chacun dans des domaines divers qui paraîtraient nous avoir éloignés de ces rivages, nous n’oublions pas cependant ce que nous devons à cette formation, à cette pratique clinique, aux réflexions, lectures et élaborations qu’elle a suscitées en nous. La trace qui en résulte continue encore à influencer notre façon de travailler et de penser, comme si un véritable fil rouge, saisi à l’époque, nous servait encore de guide. Il est évident pour nous que la complémentarité des formations de psychomotricien et de psychologue n’est plus à démontrer, et, partant de là, que les psychologues que nous sommes devenus ont de très profondes et de très actives racines enfouies dans le terreau fertile de la psychomotricité. On pourrait critiquer ici ce positionnement en invoquant l’impossibilité de faire un deuil d’une pratique ancienne ou encore une résistance à pouvoir pleinement investir ses nouvelles fonctions, attributions ou opérateurs théoriques : ce sont là des remarques que l’on a pu entendre, concernant ces fameux psychomotriciens « déserteurs » qui finissaient par...

Aidants, nous ? Et nos parents, et nos parents, comment faisaient-ils, eux ?

Par Hélène AMIEVA, Valérie BERGUA, Jean BOUISSON, Bruno QUINTARD et Laetitia RULLIER Extrait de l’ouvrage L’aide aux aidants, À l’aide ! sous la direction de Jean Bouisson et Hélène Amieva. Quand ils rencontrent pour la première fois Mme et M. K., l’assistante sociale et l’ergothérapeute du secteur hospitalier de B., situé dans la région parisienne, se trouvent face à une situation atypique. Envoyés par l’équipe médicale d’un service d’enfants cancéreux, ils devaient « simplement faire un bilan sur les aides possibles à de jeunes parents d’un enfant atteint d’un cancer des os et récemment amputé de la jambe droite ». Leur tâche consistait à « évaluer les ressources du foyer, d’une part, et à suggérer ou à engager toute démarche pouvant favoriser l’autonomie de l’enfant et ses déplacements en fauteuil roulant ». Sur place, l’assistante sociale et l’ergothérapeute découvrent que Mme et M. K. habitent au troisième et dernier étage d’un immeuble sans ascenseur. Ils occupent deux appartements de type F3 qu’ils ont fait relier entre eux et dont ils sont les propriétaires. Avec eux vivent leurs deux enfants : Jérémie, qui vient d’avoir deux ans, et Enzo, qui vient d’être opéré et qui a huit ans. Mais dans l’appartement réuni au leur vivent également les parents de M. K. Atteinte d’une forme très grave de sclérose en plaque, à évolution rapide, sa mère, âgée de soixante-trois ans et en phase terminale, vient d’être ramenée chez elle, « à sa demande, pour finir sa vie tranquillement, entourée des siens ». Quant au père de M. K., il est âgé de soixante-dix ans et souffre d’un diabète léger et bien...

Pourquoi écrire Adolescence et idéal démocratique ?

Introduction du livre Adolescence et idéal démocratique Accueillir les jeunes des quartiers populaires par Joëlle BORDET et Philippe GUTTON Ce livre est un exemple précieux de l’interdisciplinarité, fruit de collaborations et de discussions entre deux auteurs de formations fort différentes et d’expériences fort étendues d’immersion sur le terrain ; l’un dans le champ de la psychanalyse et la psychopathologie de l’adolescent sous forme de consultations individuelles de suivis et de cures, souvent enrichies d’entretiens et de psychothérapies familiales, l’autre à l’écoute de ce qui se dit dans les quartiers d’« habitations confrontés à la précarité sociale » lors de situations d’entretiens semi-directifs, avec les jeunes, parfois leurs familles, les professionnels de l’accompagnement (éducateurs, enseignants…), élus, cadres responsables des politiques et missions locales de la jeunesse (au sein des municipalités, conseils généraux, État…). Le modèle de nos pratiques est de l’ordre des recherches-actions, mises à l’épreuve de théories scientifiques lors d’expériences cliniques. Notre position est d’être en tiers, en témoin dans des espaces-temps où nous faisons l’hypothèse que se loge une créativité fondamentale, et que notre engagement personnel pourrait entraîner un changement de la situation. Notre matériel de recherche est constitué de narrations et d’analyses de scènes concernant ce qui est advenu, ce qui advient et ce qui pourrait advenir, pour le meilleur et pour le pire, élucidations à partir des confrontations entre plusieurs histoires, « se faisant » adolescentes, familiales, environnantes, intimes-extimes et sociétales. Psychanalyse clinique et anthropologie de l’adolescence, deux disciplines qui se questionnent. Leur terrain clinique est aujourd’hui le même1, leurs modèles et leurs méthodes de pensée sont différents. Nous sommes clairement convaincus de l’indissociabilité de leurs...

Disponible dès demain en librairie : Le Guide de L’Hypnose sous la direction du Dr. Jean-Marc Benhaiem

Disponible dès demain en librairie : Le Guide de L’Hypnose sous la direction du Dr. Jean-Marc Benhaiem Le grand guide tout public que l’on attendait pour éclairer et démystifier l’hypnose. Comment agit l’hypnose ? Dans quels cas y recourir ? Médecins, psychiatres, anesthésistes, psychologues répondent de façon claire et attrayante. Qu’est-ce que l’hypnose ? Comment agit-elle ? Dans quels cas y recourir ? Des médecins, psychiatres, anesthésistes, psychologues… répondent, dans ce guide, à toutes les questions que l’on peut se poser sur l’hypnose. L’hypnose n’agit pas comme un médicament. Elle ne soigne pas les maladies, elle soigne le rapport d’une personne à ses symptômes et plus généralement à ce qu’elle vit difficilement : maladie, accident, deuil, conflits… Ce vécu a une expression toute personnelle et individuelle. Il n’y a donc pas de recette, ni de protocole que l’on pourrait appliquer systématiquement. Le chemin thérapeutique dépend de ce que le patient va mettre en avant. Si le médicament s’adresse à une maladie, l’hypnose est tournée vers la personne et individualise le soin. Peurs, anxiété, harcèlement, phobies, addictions – alcool, tabac, boulime –, mais aussi douleur, fertilité, anesthésie… ce guide explique tous les cas où il est recommandé de recourir à l’hypnose. Un abécédaire de l’hypnose et 9 exercices d’autohypnose viennent compléter cet ouvrage. Le grand guide tout public que l’on attendait pour éclairer et démystifier l’hypnose. LES AUTEURS Jean-Marc BENHAIEM, Francis BERTRAND, Pascale CHAMI D’AGRAIVES, Héloïse DELAVENNE GARCIA, Xavier KIEFFER, Catherine LELOUTRE-GUIBERT, Dominique MENDY, Corinne PISSEVIN, Patrick RICHARD, Dina ROBERTS, Gregory TOSTI, Corinne VAN LOEY, Pascal VESPROUMIS Pour en savoir...

Pourquoi écrire : La dyslexie-dysorthographie, un point de vue psychodynamique ?

Par Paul Marciano. Introduction de l’ouvrage La dyslexie-dysorthographie, Un point de vue psychodynamique disponible aux Éditions In Press. Quatre principaux éléments ont présidé à la confection de cet essai : – Le nombre considérable d’enfants reçus en consultations de pédopsychiatrie au motif de troubles dyslexiques-dysorthographiques vrais ou… supposés, du fait d’ailleurs d’une saisissante inflation de ce type de diagnostic. – La véritable et étonnante dictature de certaines théories faisant une place quasi exclusive à la génétique, confinant dans une très lointaine périphérie toute autre hypothèse. – La prévalence accordée aux méthodes radicalement rééducatives inspirées souvent par les mêmes hypothèses. – Enfin, notre souhait de faire figurer sur le devant de la recherche les conceptions psychodynamiques inspirées par la psychanalyse comme l’ont déjà fait certains auteurs. Nous avons en effet constaté combien la lecture et l’écriture pouvaient, pour certains enfants, constituer un « médium » à haute teneur symbolique pour, en quelque sorte, donner, aux parents et aux attentifs professionnels, lecture des tourments de leur monde interne. C’est ainsi que nous avons, de manière récurrente et insistante, constaté combien dans les cas de dyslexie dysorthographie, la question de la place de l’enfant se posait avec une toute particulière acuité en tant que véritable dénominateur commun. Place au sein de sa famille qui se défait ou se transforme, place au sein d’une nouvelle configuration familiale qui se refait et parmi lesquelles le risque de sa disparition ou de son oubli intervient pour lui de manière majeure. Dès lors, l’enfant peut, grâce à ce précieux support, rendre encore plus « lisible » et ostensible sa détresse. Il s’en sert aussi pour transfigurer...