Interview de Paul Marciano (La Provence, mars 2015)

« La dyslexie chez l’enfant n’est pas une fatalité. »

Paul Marciano est pédopsychiatre et docteur en psychologie clinique ainsi que médecin honoraire des hôpitaux. On lui doit notamment L’amour maternelConjugalité et Parentalité, La Périnaltalité, L’Accession de l’enfant à la connaissance. 

Paul Marciano : "la dyslexie chez l'enfant n'est pas une fatalité", La Provance, mars 2015 (photo P.N.)

Paul Marciano : « la dyslexie chez l’enfant n’est pas une fatalité », La Provence, mars 2015 (photo P.N.)

Le 15 avril 2015 sortira son tout nouvel ouvrage : La dyslexie-dysorthographie : un point de vue psychodynamique.
Cette maladie a fait apparition dans les écoles avec force. L’auteur propose une réflexion novatrice sur la dyslexie-dysorthographie tordant le cou à bien des préjugés au passage.

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La dyslexie-dysorthographie, In Press, 2015

Voici un extrait de l’interview :

Votre livre prend le contre-pied de ce qu’on sait déjà sur la dyslexie. Est-ce votre volonté ?
Paul Marciano : Je m’intéresse depuis près de 20 ans aux difficultés dans la lecture et l’écriture. Devant la prévalence des conceptions cognitivistes, qui défendent l’idée que la dyslexie est d’origine génétique, je me suis senti animé par l’envie d’écrire une sorte de coup de gueule, de prendre position face à cette pensée unique en apportant le point de vue psychodynamique.

En quoi consiste justement ce psychodynamisme, que vous abordez concernant la dyslexie ?
Paul Marciano : C’est très clair : le psychodynamisme, c’est ce qu’apporte la psychanalyse dans la compréhension des difficultés comportementales de l’enfant. Il s’agit de considérer les processus psychologiques de l’enfant sous un angle dynamique, mouvant. C’est ce qu’occultent un peu ceux  qui adoptent le point de vue génétique, qui consiste à dire que si les parents sont dyslexiques, l’enfant le sera automatiquement, et point final. Je crains que ce soit une vision très simpliste de la part de nombreux généticiens.

Vous évoquez notamment les enfants qui traînent sur plusieurs années de lourdes difficultés scolaires. La dyslexie est-elle de
nos jours, compliquée à diagnostiquer ?

Paul Marciano : Au contraire ! Je pense qu’on a tendance à surdiagnostiquer la dyslexie ! Sans faire offense aux enseignants, ces derniers sont nombreux à se précipiter et à tirer des diagnostics hâtifs. L’enfant peut aussi simplement connaître des difficultés passagères de compréhension, et il faut prendre le temps de poser ce diagnostic, car il est lourd à porter pour l’enfant et les parents.

Comment expliquez-vous cette précipitation dans le diagnostic de la dyslexie ?
Paul Marciano : Cela résulte d’un impérialisme des théories cognitivo-comportementalistes, c’est aussi vrai pour les troubles du comportement chez l’enfant ! Très vite, on lui colle le diagnostic d’hyperactif. On a d’une certaine manière créé une série de filières dans lesquelles on place les enfants, mais c’est tomber dans la caricature médicale.

Quels sont précisément les symptômes d’une dyslexie ?
Paul Marciano : On peut parler de dyslexie-dysorthographie au terme de deux années de fréquentation de la lecture et de l’écriture avec échec,
au terme d’un redoublement de l’enfant au CP, ou du CE1 […].

Interview conduit par Lionel Modrzyk.

Pour lire l’intégralité de cet article, n’hésitez pas à consulter le site de La Provence ici.

Vous souhaitez en savoir plus ? Un colloque sur ce thème se déroulera au Centre hospitalier Vavert à Marseille le 17 avril 2015.